ANSES - Le Magazine

January 2026

Numéro 107 Articles périodiques publiés en 2026

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Articles

Article Test de déploiement d’un protocole non invasif pour la surveillance du parasite Echinococcus multilocularis chez les renards

Le parasite Echinococcus multilocularis est responsable d’une zoonose grave représentant environ 40 nouveaux cas par an en France. Son cycle de vie est basé sur la relation proie-prédateur entre le renard roux et les micromammifères de types campagnol. Actuellement, la zone d’enzootie connue du parasite représente 48 départements de la moitié nord-est de la France. Un groupe projet au sein de la plateforme ESA rassemblant des experts autour du Laboratoire National de Référence (LNR) Echinococcus spp. a élaboré et validé un protocole de surveillance chez le renard à partir de fèces qui a pu être testé sur le département de l’Essonne. Au total, les deux collectes de fèces ont permis d’obtenir 268 fèces mais seulement 159 confirmées par biologie moléculaire comme du renard sur les 199 requises pour pouvoir détecter une prévalence de 2%. Toutefois, le génome du parasite a été détecté par PCR en temps réel dans trois fèces de renards pour une prévalence de 1,9% (IC95% : 0,4-5,4) similaire au niveau détecté précédemment. La recherche de fèces dans un nombre de parcelles 30% supérieur au nombre de fèces à collecter, et en y consacrant au maximum 20 min par parcelle, devrait permettre d’optimiser l’efficacité de la collecte. Le coût de la surveillance par département a pu être estimé entre 15 000 et 17 000€. L’ensemble de ces enseignements obtenus lors de ce test de déploiement du protocole non invasif de la surveillance d’E. multilocularis devait permettre sa mise en place future en ciblant les départements en bordure de la zone d’enzootie connue au sein de la moitié nord-ouest encore non investiguée.

Article La leishmaniose et son vecteur, le phlébotome, en Bourgogne-Franche-Comté, 2024 : étude descriptive selon l’approche « Une Seule Santé »

La leishmaniose est une zoonose vectorielle endémique du bassin méditerranéen. Certaines études évoquent une expansion géographique plus au nord, qui reste à confirmer. En Bourgogne-Franche-Comté (BFC), une étude descriptive rétrospective a été menée selon l’approche « Une Seule Santé », afin de dresser un état des lieux des cas humains et canins diagnostiqués entre 2019 et 2024. Trente-huit cas humains ont été identifiés sur la période en interrogeant différentes bases de données, dont un seul cas autochtone, localisé en Saône-et-Loire. Parmi 60 vétérinaires répondants, 11 ont déjà confirmé une leishmaniose canine et 16 ont déjà suspecté ce diagnostic. De plus, une étude entomologique conduite en août 2024 a permis de confirmer la présence en région de deux espèces de phlébotomes, vecteurs avérés (Phlebotomus perniciosus) ou suspectés (Ph. mascittii) de la leishmaniose. Ces données suggèrent un risque de transmission autochtone de la leishmaniose en BFC. La mutualisation des compétences des acteurs des secteurs humains, vétérinaires et entomologiques paraît essentielle pour mieux caractériser ce risque et, le cas échéant, adapter les actions de prévention et de surveillance.